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14 mai 2008

MOBILISER SON DÉSIR DE VIVRE!                       
Le cancer est arrivé dans ma vie et malgré son aspect repoussant, épeurant et angoissant, j'ai refusé de me laisser trop submerger par les émotions négatives comme la peur de la mort, la déprime. Le diagnostic était assez sérieux: T2 N2 M1, stade IIIb au départ, puis IV, pas opérable à cause de sa position sur l'artère aorte, trop étendu pour un traitement de radiothérapie; une tumeur englobant l'aorte au niveau de la crosse, des ganglions infectés dans le médiastin et une petite lésion suspecte au fond du poumon gauche, vers le dos. Il ne me restait finalement que la chimiothérapie et ma propre volonté pour aborder le problème.Très vite, une fois le premier choc passé, la morosité a fait place à une attitude combative et positive. Après m'être familiarisé avec l'idée de devoir mourir de cette maladie et accepter ce fait, me persuader que, si je devais disparaître, j'étais aussi en mesure de pouvoir en guérir, ou tout au moins de vivre encore quelques belles années avec cette maladie. Cette attitude a vite chassé les idées noires. Immédiatement, j'ai senti l'urgence de profiter pleinement de chaque journée, comme s'il s'agissait d'une petite vie en soi.                                                                                                   
PRÉPARER LE MENTAL COMME UN ATHLÈTE POUR LA COURSE....                                 
Je me suis fixé très tôt, une sorte de contrat, d'objectif, une façon personnelle d'élaborer un projet qui me permettrait d'avancer dans ma vie avec cette maladie, tout en parvenant à accepter les hauts et les bas de cette situation.Il me fallait trouver une image simple, constructive, valorisante, une métaphore claire dont j'allais pouvoir faire usage à tout moment, en toute circonstance, selon l'évolution de la situation. J'ai choisi d'aborder mon cheminement au travers de cette maladie en me comparant à un navigateur (peu compétent, je n'y connais strictement rien en voile) qui allait devoir traverser l'Atlantique sur une planche à voile. Bel objectif, mais pour ce genre d'expédition, il valait mieux être bien préparé. Et c'est par cette préparation que j'ai commencé mon aventure. Matériel en excellent état, boussole, carte du ciel, connaissance des courants ,entraînement physique , moyen de communication avec la terre ferme, c'est un minimum nécessaire pour éviter que ça ne devienne le "Radeau de la Méduse". La planche représente l' équipe médicale, oncologue, infirmière pivot, psychiatre et les traitements eux-même; la voile, ma famille, mes amis, qui ont une place fondamentale dans ce parcours, et le mât, disons que c'est ma conjointe, seule structure solide à laquelle j'allais pouvoir m'agripper quand le mauvais vent allait menacer l'embarcation. La préparation mentale pour ce genre d' expédition est fondamentale. Le Dr. Félix N'Guyen (Radio-oncologue, CHUM, Montréal) déclare dans un très inspirant reportage d'Alain Gravel (Enjeux): "On conditionne le patient à avoir des visualisations positives, ça marche pour des athlètes, qui engagent des psychologues pour se motiver pour gagner la coupe Stanley, pourquoi n'y aurait-il pas ça pour les patients qui ont un cancer? Si ça ne change pas leur devenir, ça pourrait au moins changer la façon dont ils passent à travers leurs traitements.Pour voir le reportage complet:          Le Service de radio oncologue CHUM Montréal, Dr félix N'Guyen