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14 nov. 2008

CHIMIOTHÉRAPIE: Après la pluie, le beau temps

Avoir subi pendant six mois l'agression quotidienne de produits chimiques pour freiner ou faire régresser le cancer, on se retrouve complètement perturbé dans son corps par des dizaines d'effets secondaires, aussi variés que désagréables. La durée des traitements également rend le quotidien de plus en plus insupportable, passe progessivement d'une pluie fine à une averse, et enfin à un orage en fin de parcours. En temps normal, chacun de ces irritants ne seraient sans doute qu'un simple désagrément, mais l'accumulation de plusieurs problèmes alourdi le voyage. Je ne parle pas ici des complications plus lourdes qui peuvent survenir en cours d'un traitement, mais uniquements des inconvénients "courants" qui affectent la plus part des patients que j'ai rencontrés.
Lorsque, enfin, on arrive au terme du traitement, on s'attend à ce que ces inconvénients disparaissent le plus tôt possible, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. En ce qui me concerne, certains effets secondaires ont disparus dans les jours qui ont suivis, je pense au diarrhées, aux maux de gorge, les perturbations intestinales qui duraient depuis des mois, d'autres, comme les perturbations du goût, inconvénient non douloureux, mais pas mal démoralisant, et le saingnement regulier du nez ont mis plus deux semaines pour commencer à disparaître, Une fois ce cap passé, place au plaisirs du palais. On retrouve le plaisir de manger, de goûter, c'est extrordinaire. L'absence du goût est pénible, parce quelle entraîne le manque d' apétit, la perte de poids, la fatigue et la déprime.
Enfin, il y a d'autres effet, comme les oedèmes, qui peuvent mettre bien plus longtemps à se résorber, très progressivement.
Ce que je veux dire, c'est que indépendamment du problème du cancer, les inconvénients liés à la chimiothérapie de longues durée occupent beaucoup de place dans le quotidien. Mais quand ça s'arrête, la sensation de plaisir est proportionelle aux inconvénients subis. Ce qui me marque le plus, c'est la bouffe. Tout était répugnant pendant les traitements, je n'avais jamais faim et en une dizaine de jours, j'ai pu retrouver les sensations et les plaisirs de tous les aliments. Cela peu sembler peu de choses, mais c'est aussi le bonheur, une sorte de renaissance.