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30 oct. 2009

En apesanteur, entre l'anecdote et la statistique







J'ai lu attentivement ton texte "En apesanteur, entre l'anecdote et la statistique" et ce qui me frappe, c'est que j'ai dû m'identifier et remonter au cœur de cette période de diagnostic, qui pour moi était le 22 décembre 2006. Tu as fait ressurgir ces tripes nouées, ce thorax comprimé que je connais encore parfois, "l'envie de tirer la plogue" .Je prends conscience en te lisant qu'il y a une forme de banalisation qui s' installe dans ma vie de mononcle "untel" de trois ans d'âge...Je peux t'assurer qu'on s'habitue à tout. Sans ce compromis, je pense qu'il serait bien compliqué d'avancer . L'expérience du vertige est désagréable et pourtant, en y étant confronté régulièrement, elle s'adoucit, jusqu'a disparaître. Autrement, c'est absolument invivable, et c'est mourir tous les jours plusieurs fois. Et cela me semble essentiel de composer quelque chose d'intime, de personnel avec ces deux pôles dont tu parles, l'espoir d'une guérison ou d'une amélioration et l'épouvante froide des données statistiques. Sinon, l'espoir béat et perfide, dangereux ou l'insoutenable obscurité, l'épouvante qui te donne envie de te flinguer risquent d'être les seules options qui s'offrent à toi.
Je me sens un peu stupide de te dire ça, mais je crois que ce serais dommage de laisser la terreur dominer ton présent et obscurcir ton avenir. J'admet que c'est pas du domaine de la raison de contrôler ça et que je n'ai certainement rien à t'apprendre au sujet de toi. J'ai l'intuition que tu pourras retrouver un équilibre lorsque tu commenceras à t'attaquer à ce mal concrètement, à travers les traitements et peut-être aussi certaines disciplines. Lorsque tu passeras en mode "combat", il te seras plus facile de vivre avec les mauvais effets secondaires (en option), mais certainement d' apprécier les résultats réels sur ta santé, ton souffle, la douleur. Les traitements qui sont offerts ont parfois une étonnante efficacité et permettent de vivre, mieux, voire bien. Oui, c'est vrai, tu es en totale apesanteur, et comment pourrait-il en être autrement avec les émotions que tu encaisse! L'estomac retourné, la communication inaudible ou inexistante, le chronomètre qui tourne, perdue au milieu de nulle part avec le sentiment qu'on va manquer de carburant . Je ne cherche pas à te convaincre de quoi que ce soit, ni te rassurer, mais maladroitement, naïvement aussi, de t'aider à d'envisager qu'une voie médiane entre l'épouvante et l'espoir débile puisse exister.