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28 oct. 2010

Comment aider le mourant à conserver sa dignité


Toute personne dont la vie tire à sa fin souhaite partir dans la dignité. Certains arrivent à le faire grâce à des gestes précis, par exemple en laissant un message d'adieu sur bande vidéo ou audio, ou en rédigeant un journal à l'intention de leurs enfants ou petits-enfants. D'autres encore trouvent un sentiment de dignité au quotidien, dans leurs contacts avec leurs proches, leurs amis et les personnes qui les soignent.

« Le soignant qui s'occupe de mourants doit comprendre le sens de la dignité », dit le Dr Harvey Chochinov, professeur au département de psychiatrie de l'Université du Manitoba. « Mais qu'est-ce que la dignité exactement, et comment peut-on la préserver? »

Pour répondre à ces questions, le Dr Chochinov, qui dirige également le département d'oncologie psychosociale d’Action Cancer Manitoba, a interrogé 50 patients approchant le terme de leur vie. Il a demandé à ces personnes de lui parler de la dignité, en décrivant les facteurs qui les avaient aidés à conserver leur dignité et ceux qui leur avaient nui.

Cette enquête, appuyée en partie par la Société canadienne du cancer, lui a permis d'élaborer un modèle détaillé de soins « respectueux de la dignité » du mourant. Suivant le modèle du Dr Chochinov, les besoins du mourant relèvent de trois domaines.

Le premier domaine, appelé « préoccupations liées à la maladie » vise les besoins physiques du malade. Les médecins et soignants peuvent remplir ces besoins en soulageant mieux les symptômes et en répondant aux questions du patient.

Le deuxième domaine, appelé « mesures de préservation de la dignité », vise les besoins psychologiques et spirituels du mourant. On peut répondre à ces besoins, en partie du moins, en encourageant le patient à participer à des activités significatives ou en invitant un guide spirituel au chevet du patient si tel est le souhait de ce dernier.

Le troisième domaine est appelé « inventaire de la dignité sociale » par son concepteur. Ce domaine comprend les facteurs sociaux et environnementaux qui peuvent favoriser la dignité d'une personne, par exemple le respect de son intimité, le fait de demander la permission avant de procéder à un examen physique et celui de veiller à ce que les soignants traitent le patient avec respect quoi qu'ils fassent.

« Nos observations laissent supposer que les personnes chargées de soigner les mourants disposent de moyens thérapeutiques qui apportent beaucoup plus que le soulagement de la douleur et des autres symptômes, dit le Dr Chochinov. Nous espérons que le modèle proposé permettra de sortir du cadre traditionnel des soins administrés en fin de vie. »