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29 nov. 2010

Gémir n'est pas de mise...


Cette femme, lectrice du blog, me confie son histoire:
La maladie nous a tout pris et nous a déjà tellement éprouvés...
Au printemps dernier, sa mère est diagnostiquée: cancer bronchique avec syndrome de la veine cave. Peu d'espoir laissé par les médecins, mais pour elle, jusqu'à présent, la chimie fonctionne bien. Pas une rémission, mais elle se porte mieux, elle est de nouveau active, fait des choses qu'elle aime…
Mais à la fin de l'hiver, son père est diagnostiqué d'une tumeur à la trachée, et malgré une trachéotomie, il décède en mars.
Sa mère, évidemment craint de récidiver.
En mai 2010, c'est son compagnon avec qui elle a 2 jeunes enfants, qui est touché.Grosse tumeur à l'abdomen. Diagnostic: adénocarcinome avec métastases.
Un raz de marée!
Comment garder espoir ?
Ne pas trop se "faire des noeuds au cerveau" .....
Ne pas sombrer dans la dépression......




Bonjour C,

Mes lecteurs  sont souvent des proches de personnes atteintes du cancer du poumon. Je suis heureux de me dire que cela peut donner  l'espoir, et du courage parfois aussi. Il faut que je vous avoue queue n' ai jamais eu une correspondance aussi lourde, un série de malheurs en chaine aussi intense. Je me sens perdu face  au drame que vous me décrivez et j'avoue que je ne sais absolument comment réagir.Seul un professionnel, un psychologue pourrait peut-être vous aider à trouver les ressources au fond de vous pour faire face à tel tsunami d'épreuves. 
Vos enfants sont-ils déjà au courant de la maladie de leur papa? et de sa gravité?
Les médecins ont-ils évoqué le Tarcéva? Ce médicament, en prise orale,loin d'être une solution miracle, ne guérit pas du cancer, mais à l'avantage dans certains cas de retarder sérieusement l'avancée des métastases et tumeurs pour un temps plus ou moins long. Malheureusement, tout le monde ne le supporte pas à cause de ses effets secondaires.
 J'ai pris Tarcéva en dernier recours,en janvier 2009 et pendant quatorze mois. En mai dernier, les médecins ont arrêté ce traitement sous prétexte qu'il me faisait plus de mal que de bien. Par la suite, j'ai encore subi deux radiothérapies, plus pour la douleur que pour guérir. Et depuis, plus aucun traitement, juste le contrôle de la douleur. Je ne fais plus de scan non plus être déçu une image catastrophique, je préfère ne pas savoir et imaginer la stabilité. Et pour l'instant, rien de particulier ne paraît évoluer. en grande partie, j'attribue cette stabilité au Tarcéva.
Mais, je ne suis pas médecin, juste un patient qui se sent complètement démuni face à l'ampleur de la tragédie de ce que vous vivez maintenant.
La dépression vous guette, et vous ne pouvez pas laisser vos enfants devenir eux aussi victimes des ces malheurs en chaine. C'est pour cette raison qu'il vous faut trouver une tierce personne de confiance capable de vous écouter et de canaliser toute votre énergie vers la sauvegarde, et la protection de ceux ci et de votre maman qui va mieux .Ils risquent de devinir votre seule bouée de sauvetage, car leur façon de s'adapter et d'accepter ce qui leur arrive doit être pour nous un exemple à suivre et un lien fragile à protéger. Votre dépression  ferait sans doute bien plus de dégât encore.
Voilà, C., ce que je peux répondre à votre courrier. Je me sent totalement impuissant face à tout ça, je suis désolé de ne pouvoir rien faire d'autre que de méditer pour vous, et de vous écouter si vous en sentez le besoin. N'hésitez pas à me contacter encore si vous pensez que ça peut vous faire avancer, si vous avez besoin de hurler, de pleurer. je vous écouterai. C'est malheureusement tout ce qui est en mon pouvoir
 Je suis conscient que c'est complètement dérisoire, mais il faut tenter de sauver ce qui peut l'être.
En pensée et de tout coeur avec vous, nous somme incapable de ressentir tout cette somme de peur, d'angoisse et de tristesse qui vous entoure en ce moment
Affectueusement
C.D.