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30 nov. 2010

Lettre ouverte aux médias de Dr Normand Blais


Cette petite vidéo, alliant une pièce de l'album Tutu, de Miles Davis, et un jeu de graphismes programmés, est spécialement dédié à mon aimable hémato-oncologue, le dr Normand Blais, dirigeant 
le service d'Hémato-Oncologie du Chum Notre-Dame à Montréal. 
En hommage à Normand, et en (mauvais) souvenir du protocole de recherche
 de Pfizer Canada qui m'a littéralement fait sortir les yeux de la tête. 
Dr Blais est le premier médecin a m'avoir accueilli dans ce service ,ça ne s'oublie pas. Plusieurs semaines après lui avoir transmi cette vidéo par courriel,  j'ai entendu par le haut-parleur  dans la salle d'attente
 du service sa voix m'appeler: "Miles Caspar, cabine 15, Miles Caspar. J'ai eu une hésitation de trois secondes. 
 Celui qui fut le premier à m'accueillir sera aussi celui qui me dira aussi le dernier à me dire:
 " Pour les traitements, ça fait trop de dégats, êtes vous d'accord qu'on arrête-là?" 
Oui, merci, Dr Blais
 Electra - Perfect Days

Normand Blais , avec le Dr Marie Florescu, m'ont suivi pendent plus de trois années. Je leur suis extrêmement reconnaissant pour la patience et la persévérance, pour toute l'humanité, l'empathie l'humour qu'il ont montrés à mon égard. 
 C'est  à eux, et  au traitements de thérapies ciblées Sutent et Tarceva  qu'ils m'ont proposés je dois d'être encore en vie aujourd'hui, c'est absolument certain.
Je me sens concerné par cette lettre ouverte pour ces raisons, mais aussi parce que je fais partie de  ces témoins privilégiés, malades privilégiés qui ont pu vivre et non pas survivre 
grâce à ces médicaments de haute-technologie.
Merci

Lettre ouverte aux médias de Dr Normand Blais

Dr BlaisÀ la suite des articles de Patrick Lagacé sur le cancer (La Presse), Dr Normand Blais, hématologue oncologue au CHUM Hôpital Notre-Dame, a dénoncé, dans une lettre ouverte envoyée aux médias, l’immobilisme du Conseil des médicaments dans l’acceptation des nouvelles molécules pour traiter le cancer. Lisez ici l’intégral de sa lettre envoyée aux médias…

Beaucoup d’entre vous ont récemment lu dans les pages de ce journal l’excellente série d’articles sur le cancer signés par Patrick Lagacé. En plus d’être d’une touchante humanité, ces articles ont aussi permis de lever le voile sur des enjeux tels la désorganisation des soins en oncologie au Québec, les inégalités du système et du régime d’assurance-médicaments. À titre d’oncologue médical ayant sa pratique ici, au Québec, j’aimerais saisir l’occasion offerte par cette série sur le cancer pour mettre en lumière d’autres tabous entourant le cancer. Le cancer du poumon, qui affecte un nombre important de mes patients, est la forme la plus meurtrière de la maladie et constitue la PREMIÈRE cause de décès par cancer au Québec. Paradoxalement, il n’en est que très peu question lorsque l’on parle de cancer. Une des principales raisons qui expliquent cet état de choses vient du fait que les gens associent le cancer du poumon à la consommation de produits du tabac. Pourtant, le tabagisme n’est pas le seul élément en cause : la fumée secondaire ou tertiaire, le radon, l’exposition à l’amiante sont autant de facteurs associés à l’apparition du cancer du poumon. Par ailleurs, on reconnaît maintenant que près du quart des cancers pulmonaires ne sont pas liés au tabagisme, nécessitant un raffinement dans l’évaluation et des traitements spécifiques. Mais les préjugés défavorables liés au tabagisme contribuent à faire des personnes atteintes de cancers pulmonaires des victimes qui ont en quelque sorte « choisi leur sort ».
Plusieurs groupes de support ont permis une meilleure visibilité de certains types de cancers. On a qu’à penser aux cancers du sein ou de la prostate par exemple. La mobilisation des patients atteints et de la communauté a permis de sensibiliser une large partie de la population à la valeur humaine des interventions médicales permettant d’améliorer la survie des patients et patientes atteints ainsi que d’améliorer leur qualité de vie. Le côté positif des cancers du sein et de la prostate est un pronostic moins sévère que le cancer pulmonaire, permettant à plusieurs « survivants » et « survivantes » de défendre les droits et de supporter des associations de patients atteints. La dure réalité du cancer pulmonaire est que cette maladie rend très malade sans grande période d’avertissement et que le pronostic de la maladie est sévère. Très peu de survivants sont donc en mesure de participer à des associations de support et de défendre la valeur des nouveautés thérapeutiques propres au cancer pulmonaire.
À cet égard, un exemple s’impose : l’accès aux nouveaux médicaments est devenu en quelques années à peine un enjeu majeur dont les effets se répercutent sur la qualité des soins dispensés chez nous. Dans un passé encore récent, le Québec était l’une des provinces qui se distinguait en matière d’accès aux nouveaux médicaments. Depuis la fin de 2005, notre statut est beaucoup moins reluisant. En ne considérant que les seuls médicaments anticancéreux, la situation est encore pire : l’entité responsable de l’approbation du remboursement des médicaments - le Conseil du médicament -  refuse aujourd’hui presque systématiquement les demandes de nouveaux traitements en oncologie. Contrairement à plusieurs autres provinces au Canada où les décisions relatives au financement des médicaments contre le cancer sont prises par une agence de lutte contre le cancer impliquant plusieurs membres impliqués dans le traitement de patients atteints, aucun membre du Conseil n’a une formation et une pratique active en oncologie. Il est clair qu’il est difficile de reconnaître la valeur thérapeutique d’un médicament qui ne fait que prolonger la survie que de « quelques mois » lorsque le patient n’est pas face à soi. Il ne faut pas oublier que ces mêmes médicaments fonctionnent de façon très variable d’un individu à l’autre si bien que certains patients n’en profitent pas, mais qu’en contrepartie d’autres patients en profitent longtemps. Les articles de M. Lagacé ont démontré beaucoup d’exemples à cet égard.
Dans mon quotidien, cette situation me pose de graves problèmes éthiques : nous savons qu’il existe des médicaments plus efficaces et plus faciles à tolérer pour les patients, mais nous ne pouvons y avoir recours. Devons-nous cacher ce fait au patient ou plutôt lui expliquer qu’un autre médicament plus efficace existe, mais qu’au Québec, nous ne pouvons pas le prescrire? Pendant que nous, médecins, réfléchissons à l’éthique, nos patients doivent combattre la maladie dans des conditions qui sont loin d’être optimales. Si la vie a un prix au Québec, qu’on le dise ouvertement et publiquement. Dans le cas contraire, il faut revoir le système actuel d’accès aux nouveaux médicaments, car il ne répond plus aux besoins de ceux et celles qui souffrent. Aussi dérangeants soient-ils, il est essentiel d’évoquer ces enjeux et d’en débattre publiquement. Les solutions ne seront certainement pas simples; les décisions risquent d’être déchirantes. Mais c’est là le passage obligé pour améliorer nos façons de faire et, ultimement, fournir de meilleurs soins aux Québécoises et Québécois aux prises avec un cancer. Lorsque l’on soigne des patients avec des cancers pulmonaires et que ceux-ci ne sont pas en mesure de se défendre publiquement, qui seront leurs porte-paroles?
Normand Blais, MD, MSc, FRCPC
Hématologue et oncologue médical
Professeur associé de clinique - Université de Montréal 

Directeur, équipe interdisciplinaire d'oncologie thoracique CHUM - Hôpital Notre-Dame

Normand Blais
Hématologiste et oncologue médical, directeur de l'équipe interdisciplinaire d'oncologie thoracique, directeur des laboratoires d'hémostase-thrombose au CHUM de l'hôpital Notre-Dame.
Son entrée à la faculté de médecine est un hasard de la vie. Normand Blais est fils d'agriculteur. Personne ou presque n'a de longues études dans sa famille. Jamais il n'a senti de pression familiale en ce qui concerne son avenir. Lui-même n'a jamais pensé qu'il avait les qualités requises pour devenir médecin spécialiste. « Je ne me destinais pas du tout à une carrière en médecine. Je ne pensais pas être assez intelligent pour exercer cette profession, je n'y avais jamais pensé d'ailleurs. J'étais passionné des sciences, oui, mais je m'orientais plutôt vers une carrière d'ingénieur. » Après le cégep, des gens ont croisé sa route et lui ont fait comprendre qu'il avait tout pour réussir en médecine. Sur un coup de tête, il a rempli le formulaire d'inscription la Faculté de médecine. « Ma demande a été acceptée. Un mois après avoir commencé ma formation, je savais que j'étais à ma place et que je me passionnerais pour la médecine et pour l'être humain. »
Il a été le médecin de Richard Petit et il est devenu ami avec lui. C'est sur une base personnelle que le Dr Blais a participé au lip dub de Richard Petit. Il trouvait l'idée intéressante, en plus de vouloir s'impliquer auprès de la Société de leucémie et lymphome Canada. Sur le plan personnel, Normand s'est imposé des défis qu'il réalise en s'impliquant dans cette société. Il dit oui à peu près à tout ce qui peut aider l'hôpital ou la Société de leucémie et de lymphome Canada.
Il court 60 kilomètres par semaine. Actuellement, il s'entraîne pour le marathon de New York, qui a lieu le 7 novembre prochain. À ce marathon, il courra afin de ramasser des fonds pour l'hôpital-CHUM.
Sur une pièce du trio de guitariste Al di Méola, Johm Mc Laughlin et Paco di Lucia,l'évolution lente d'un collage de papiers de soie colorée, agrémentée de vernis colorés et faite pendant le protocole de recherche de Pfizer, Sutent+ Pemetrexed destiné à trater le cancer du poumon. Cette vidéo aussi est dédiée au Dr Normand Blais, hémato-oncologue du Chum Notre Dame à Montréal, qui m'a fait pas mal souffrir avec de maudit Sutent, qui aura finalement porté ses fruits

Sutent+ Pemetrexed
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André Pratte

André Pratte et son équipe échangent avec les internautes sur les sujets d'actualité.


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Patrick Lagacé
Je sais, tout le monde a peur du cancer!