Une erreur est survenue dans ce gadget

19 mai 2011

Le temps venu d'arrêter les traitements...

Bonjour M. Caspar,
je voulais vous dire un petit coucou... Mon petit garçon est en bas avec son papa, et je me suis enfermée dans le bureau pour quelques instants... En fait, je suis contente de la décision que vous avez prise en ce qui concerne les traitements, parce que vous semblez heureux de cette décision, c'est ce qui compte. Quand vous avez dit dans votre message que vous ne voulez pas que "votre tumeur se fâche", qu'on lui touche et qu'elle se décide à faire des ravages, bien je peux comprendre... D'un point de vue très simpliste et logique, c'est un peu ce qui est arrivé avec mon papa... Quand il a participé (volontairement) au protocole de recherche (chimio en comprimé pour les métastases cérébrales quelque chose comme ça), ben des tremblements sont survenus et pleins d'autres effets secondaires également. Même chose pour la radiothérapie au cerveau (crise d'épilepsie, convulsions, hospitalisations par dessus hospitalisations, changement au niveau de la personnalité etc etc)...
.../...
Bref, tout a commencé à aller mal pour lui quand les traitements ont débuté, avec les dizaines de sortes de médicaments... Il nous a souvent dit: ils m'ont scrappé!! (même s'il avait volontairement pris part à ce processus médical). La dernière fois que mon père a rencontré son radio-oncologue à montréal en juin pour poursuivre les traitements de radio au cerveau, mon père n'était même plus capable de se lever la tête et répondre aux questions du docteur. C'est ma mère qui a intervenu en disant: je pense qu'il n'est plus capable d'en prendre... Regardez-le comme il faut, croyez-vous que c'est une bonne idée? Et ensuite, la spécialiste de la chimio pour le poumon qui lui proposait un autre type de chimio pendant l'été 2010, qui allait lui faire péter tous ses ongles etc etc.
...../....
La différence entre vous et mon père je crois, c'est l'acceptation de la maladie, de ce qui arrive. Je crois que si mon père avait "accepté" ce qui était en train de se passer, son parcours n'aurait pas été un enfer... La "mort" serait probablement venue le chercher avant, mais les souffrances, la douleur, la détresse etc n'auraient pas pris le dessus. Oui il était fatigué à l'été 2009, on l'avait tous remarqué. Oui il avait changé, mais quand le diagnostic a été posé en septembre 2009, et qu'il s'est lancé dans la tornade des traitements et des examens, tout a changé, et pour le pire! Je ne peux pas m'imaginer ce qu'une personne est prête à faire pour "sauver sa vie", car ce n'est pas à moi que c'est arrivé.
.../...
Et encore d'un autre côté, c'est avec des gens comme mon père que la médecin avance, que les traitements s'améliorent et que d'autres personnes peuvent en bénéficier. Mais il n'était pas prêt à accepter que CELA pouvait lui arriver à lui... Il l'a repoussé jusqu'à la dernière seconde...

Merci M.E. pour ce témoignage courageux et approprié, merci.